Le triple NON du dimanche 1er juin, net et massif, nous livre quelques enseignements intéressants : Sur les naturalisations, la stratégie choisie de créer plusieurs comités prônant le NON a permis de faire le plein des opposants, à droite comme à gauche. Parfois l’UDC n’a même pas rassemblé l’entier de ses électeurs autour de son texte, notamment en Suisse romande ! Cette stratégie avait été souvent critiquée, mais elle était la bonne. Et pour cause : les électeurs radicaux et libéraux ne réagissent pas aux mêmes arguments que la gauche, c’est bien normal. Il faudra s’y habituer : les comités interpartis rassemblant des fronts très larges ne sont pas toujours adaptés pour faire campagne efficacement.
Les nombreux excès de la campagne de l’UDC l’ont plutôt desservie. Les électrices et électeurs font la part des choses : ils n’ont pas été dupes de l’amalgame sulfureux entre naturalisation et criminalité. Un beau succès à la fois de la démocratie et de l’esprit républicain qui souffle sur nos institutions.
On reproche souvent au Parlement de travailler lentement. Sur la question de la santé il a voulu opposer un contre-projet à la dangereuse initiative UDC qui aurait rationné les soins. En travaillant vite, en omettant de consulter, en ne prenant pas le temps de construire une coalition solide, la majorité du Parlement a pris un risque qu’elle a payé cash : le front des partisan s’est vite désuni … et les résultats ont suivi.
Reste que chacun a convenu pendant la campagne que des réformes de la LAMal sont nécessaires pour améliorer les soins, permettre au patient de choisir son médecin ou son hôpital et éviter une explosion des coûts. Il faudra donc aller de l’avant, même sans socle constitutionnel.
Eh puis, les Radicaux-Libéraux peuvent fêter deux belles victoires ce week-end, puisque suite au refus des initiatives « naturalisations » et « muselière » les deux contre-projets radicaux (Burkhalter et Pfisterer) entreront en vigueur. C’est ça la force positive de la Suisse.