Les Radicaux et les libéraux se battent pour défendre plus d’emplois et de meilleure qualité en Suisse. Force est de constater qu’il sont souvent bien seuls sur ce front. Les péripéties par lesquelles passe la voie bilatérale en est un bon exemple. A droite comme à gauche, on met nos emplois en danger.
On sait, grâce à des analyses statistiques poussées de l’OCDE qu’on peut établir un lien entre la rigidité du marché du travail d’un pays et son taux de chômage. Nous le savions tous d’expérience, en regardant nos voisins Français qui se débattent avec leurs terribles 18% de chômage chez les jeunes, même en période de bonne conjoncture, alors que la Suisse est à 3.1% pour la même catégorie . C’est également démontré scientifiquement : plus un pays a un marché du travail flexible, plus il créer des emplois… et inversement.
En Suisse les syndicats, appuyés par les partis de gauche demandent pourtant sans cesse plus de contrôles, plus d’inspecteurs, plus de normes étatiques (salaire minimum, conditions de licenciement durcies, rigidité de l’horaire, …) bref moins de flexibilité. Loin de bénéficier aux employés, de telles mesures lorsqu’elles dépassent le seuil de protection nécessaire étouffent l’emploi.
Les indicateurs du Seco sur la libre circulation avec l’UE montrent que globalement le système fonctionne bien et que la crainte d’un dumping massif et de la concurrence acharnée des « plombiers polonais » étaient du domaine des mythes. Dès lors, rigidifier davantage notre marché du travail dans le cadre des bilatérales comme le demande la gauche serait une bêtise que le PRD refuse.
Quant à l’UDC, il ne se passe pas une semaine sans qu’elle ne menace d’un référendum la voie bilatérale. Elle en a déjà appelé au peuple à trois reprises à ce sujet. Elle a toujours perdu. Pourtant elle semble s’acharner. Nous voterons donc en 2009, quelque soit le prétexte trouvé, sur l’élargissement à la Roumanie et à la Bulgarie. C’est-à-dire, nous voterons pour savoir si l’on veut poursuivre ou renoncer à la voie bilatérale. Car il ne peut pas y avoir, c’est une évidence, d’accords bilatéraux avec un bout de l’UE que nous choisirions. L’UE compte 27 Etats membres, qu’on le veuille ou non, et c’est avec cet ensemble que nous pouvons commercer, ou non. Le Bulgarie et la Roumanie en tant que tels ne doivent ni nous inquiéter, ni nous intéresser particulièrement.
Quant on sait que notre pays gagne un franc sur trois de son commerce avec l’UE, on comprend vite que compromettre nos bonnes relations économique avec le plus grand marché de la planète est tout simplement suicidaire.
Les Radicaux et les Libéraux, eux, continueront de se battre vraiment pour l’emploi. Ils se battront donc résolument pour la voie bilatérale, sans mesure d’accompagnement supplémentaire.