Elu en 1997, à tout juste 22 ans, Damien Cottier était alors le plus jeune député de l'histoire du canton de Neuchâtel. Réélu en 2001, puis en 2005 (mieux élu des députés radicaux), il aura assumé de nombreuses fonctions au sein du Parlement cantonal, dont la présidence de la Commission des finances et de gestion et celle d'une Commission d'enquête parlementaire. Sa nouvelle fonction professionnelle à Berne, très exigeante, ne lui laissant pas suffisamment de temps pour remplir son mandat "à fond" comme il a toujours voulu le faire, Damien Cottier a décidé, après 11 années de remettre son mandat.
Lettre adressée au Président du Grand Conseil neuchâtelois
Hauterive, le 21 mai 2008
Monsieur
Patrick Erard
Président du Grand Conseil
Château
2000 Neuchâtel
Concerne : démission du Grand Conseil
Monsieur le Président du Grand Conseil,
Mesdames et Messieurs les Députés,
C’est onze an jour pour jour après y être entré que je vous fait part, par ces lignes, de ma démission de mon poste de député au Grand Conseil avec effet à ce jour.
J’ai toujours voulu remplir mes obligations de député au mieux de ma conscience, en m’engageant fortement et en étant présent avec régularité.
J’ai récemment eu la chance d’assumer nouvelles responsabilités professionnelles qui exigent beaucoup de temps et d’engagement et des déplacements fréquents. J’ai pu constater qu’il ne m’était dès lors plus possible de remplir mes obligations politiques aussi assidûment que je le souhaiterais.
Dans ces circonstances il me semble plus respectueux, vis-à-vis des Neuchâtelois qui m’ont fait à trois reprises le grand honneur de leur confiance, de renoncer à mon mandat.
Permettez-moi une considération : la fonction de député est devenu très lourde, complexe et demande beaucoup de temps et d’énergie. Si l’on siège en Commission, on peut estimer la charge à environ 10% d’un temps plein, si l’on compte les heures de séance, de préparation et autres obligations au sein du parti ou liées à des invitations externes. Dans un monde professionnel qui devient toujours plus exigeant c’est pour beaucoup aujourd’hui une gageure que d’assumer avec la disponibilité et le sérieux nécessaires son mandat électif.
Le monde politique neuchâtelois doit prendre conscience de l’importance de ce problème pour le bon fonctionnement et la stabilité de nos institutions et la qualité de nos débats. Il serait dès lors opportun de mieux indemniser à l’avenir les membres du Grand Conseil, qui sont aujourd’hui à peine défrayés, et de prévoir des mesures pour permettre aux agendas professionnel et politique de mieux se coordonner (p.ex. en prévoyant les séances du plénum ou de commissions en soirée).
C’est pour cette raison qu’avant de quitter le Parlement j’ai tenu à déposer une motion demandant au Conseil d’Etat d’analyser ces défis et de faire des propositions au Grand Conseil. Des élus de tous les groupes m’ont fait l’amitié de la signer et le Conseil d’Etat m’a annoncé qu’il la soutiendrait. J’en suis heureux et j’espère que cette motion pourra être acceptée sans être combattue lors de la prochaine session. Loin d’être anecdotique, cette question est d’importance si l’on respecte les institutions républicaines.
Il me reste à remercier les députés et les membres du Conseil d’Etat pour la qualité du travail et des rapports humains que nous avons pu développer au cours de ces années, dans le respect constant des opinions de chacun.
Je souhaite à notre Gouvernement, à notre Parlement et à l’administration de continuer à travailler en étant guidés, toujours, par nos principes républicains et par la recherche de l’intérêt général.
Veuillez croire, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, à l’expression de ma très haute considération.
Damien Cottier