Par Damien Cottier, Responsable de la communication du PLR Suisse
Voilà un aspect de la libre circulation des personnes dont on parle
trop peu, et c’est dommage car il a toute son importance : grâce à la
voie bilatérale et à une politique volontaire soutenue par le peuple,
la Suisse est passée depuis 2002 de l’immigration subie à une
immigration choisie.
Notre économie, notamment dans les domaines de la santé, de
l’hôtellerie ou de l’agriculture a eu ces dernières années un besoin
crucial de main d’œuvre étrangère. Or les personnes que nous engageons
depuis 2002 sont, bien plus qu’auparavant de provenance européenne.
C’est une bonne chose, aussi bien pour la Suisse que pour les
immigrants. Car ces personnes, de culture et de religion plus proches
de la nôtre sont évidemment plus faciles à intégrer dans notre société.
Cela diminue les tensions et favorise les contacts. Mais laissons
parler les chiffres car ils sont édifiants :
- L'immigration « nette » (les entrées moins les sorties)
en provenance de pays hors de l’UE a reculé de 41,7% entre 2002 et 2006
(d’env. 32 000 à env. 19 000 personnes). L'immigration nette a certes
repris puisqu'elle a atteint près de 26 000 personnes à fin 2008, mais
ce chiffre reste inférieur de 19% à celui de 2002. Cette augmentation
enregistrée en 2007/2008 s'explique par la forte demande du marché du
travail dans une conjoncture très favorable. - L'immigration « brute » suit une courbe identique (immigration sans tenir compte des sorties).
- L'effectif
de la population résidante permanente de nationalité étrangère montre
que la proportion d'étrangers provenant de pays hors UE a chuté de 42%
à 37,4% entre 2002 et 2008.
Au cours de la même période, la proportion de ressortissants d'Etats membres de l'UE ou de l’AELE est passée de 58% à 62,6%. - En
2008, la population résidante permanente de nationalité étrangère
provenant de l'UE 27/AELE a progressé de 6,8% par rapport à l’année
précédente, celle provenant d'Etats tiers de 0,4% !
« Depuis 2002, la proportion d'étrangers
provenant de pays non européens a chuté de 42% à 37,4% alors que la
proportion de ressortissants européens est passée de 58% à 62,6% ».
Le constat est limpide. La voie bilatérale a clairement inversé la
tendance de l’immigration en Suisse : les nouveaux migrants sont de
plus en plus européens et de moins en moins ressortissants de pays
géographiquement et culturellement plus éloignés.
Un refus de la voie bilatérale ne serait donc pas seulement une
véritable catastrophe pour notre économie, nos emplois, notre
agriculture, nos aéroports ou encore pour la recherche et l’innovation
en Suisse (tous domaines que couvrent les Accords bilatéraux I). Ce
serait également un retour en arrière dans notre politique
d’immigration, nous aurions à nouveaux plus de travailleurs
extra-européens et risquerions d’avoir plus de problèmes d’intégration
qu’aujourd’hui.
Les Libéraux-Radicaux se battent au plan suisse, à l’exemple de ce
qu’ils ont fait depuis longtemps dans le canton de Neuchâtel, en faveur
d’une véritable politique d’intégration. Ils se battent en faveur d’une
politique des étrangers cohérente. Grâce à la politique menée ces dix
dernières années, le virage amorcé est excellent.
Si nous nous engageons tous à convaincre un indécis à aller voter
OUI le 8 février, nous assurerons la victoire du OUI. Alors allons
discuter avec nos voisins pour les convaincre qu’il n’est vraiment pas
l’heure de tenter la voie de l’aventurisme !